À l'heure de la micromobilité

Cette révolution a beau être silencieuse, car 100 % électrique, elle commence à faire du bruit ! Bienvenue dans le nouveau monde de la micromobilité, qui multiplie les moyens de transport « doux », du vélo électrique au gyropode.

LE VÉLO ÉLECTRIQUE

C’est, de loin, le moyen de transport individuel le plus prisé en ville. Les ventes ont quasiment doublé en 2017. On est ainsi passé de 134 000 unités vendues en 2016 à 255 000, ce qui représente un marché dépassant les 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires ! Une tendance de fond qui va s’amplifier dans les années à venir. Les primes à l’achat ne sont pas étrangères à ce succès (900 € aujourd’hui), ni d’ailleurs l’expansion des pistes cyclables, qui se fait au détriment de l’espace réservé jusque-là à la voiture, sans compter que le vélo électrique gagne les modèles de loisir (VTT et vélo de route), ou même les secteurs professionnels (vélos cargos). Mais si certains vélos électriques se limitent à vous proposer une simple assistance électrique (affichés à 1 000 € environ), utile au démarrage ou dans les côtes, les modèles les plus évolués deviennent presque de petites motos, atteignant les 45 km/h et offrant plus de 100 km d’autonomie. Mais là, côté budget, avec des cadres tout en carbone pour limiter le poids (à 16 kg environ) et des batteries compactes et des moteurs de dernière génération, les prix s’envolent à plus de 5 000 €. De plus, ces vélos très rapides, bien nommés speedbikes, imposent le port obligatoire d’un casque homologué (norme 22.05 bientôt remplacée par la norme NTA 8776) et sont limités à un usage routier, ce qui réclame une immatriculation et une assurance. À noter que les constructeurs français sont particulièrement à la pointe sur le secteur du vélo électrique (Apsud, Bergamont, Cycles Bertin, BH Bikes, Lapierre, Peugeot…).

PRÉSENTS SUR LE SALON
• Peugeot Cycles a lancé pas moins de 4 vélos électrifiés dont le ECO1 au look néo-rétro. Avec son moteur logé dans la roue avant, il promet 70 km d’autonomie avec sa batterie de 400 kW. Prix : 1 399 €
• Haibike a présenté un nouveau moteur plus compact et puissant pour équiper sa gamme Flyon.
• BMZ, spécialiste de la batterie Li-on, propose avec le « Range Extender », une autonomie supplémentaire aux e-cyclistes.

LES TROTTINETTES

large_fotolia_119889711_m_1.jpgLongtemps jugée ringarde et enfantine, la bonne vieille trottinette fait un retour en force grâce à la fée électricité. Celle-ci entre dans la catégorie nouvelle des EDP (engins de déplacement personnels), et à l’instar des vélos, sa vitesse dépend étroitement de la puissance de sa batterie et de son moteur électrique. On en trouve dès 300/400 € (E-Road Streety, Speed Trott ST9 ou MoovWay M1), mais il s’agit de modèles strictement urbains, à l’autonomie limitée (8 km), ce qui est souvent bien suffisant pour aller de la gare à son bureau. Car contrairement au vélo, qui réclame un supplément pour embarquer dans un train (sauf s’il est plié), l’usage de la trottinette reste toléré si celle-ci est pliée. Autre avantage comparé au vélo : si l’e-trottinette est équipée d’un « mode piéton », bridant sa vitesse à 6 km/h, il est possible de rouler sur les trottoirs. La vitesse varie de 18 à 25 km/h pour les modèles d’entrée de gamme. Pour les plus évolués, comme la High’Tems HT10+, la vitesse peut dépasser les 45 km/h et l’autonomie atteindre 60 km. Évidemment, le prix s’envole également (1 600 €). À noter qu’il existe également des planches à roulettes (skateboards) électrifiées, capables d’atteindre les 28 km/h en pointe (pour 20 km d’autonomie), mais outre des prix élevés (1 000 €), « rider »sur une planche n’est pas à la portée de tous 

PRÉSENTS SUR LE SALON
• Razor, avec sa nouvelle E100, a lancé une trottinette légère et facile à prendre
en main, très appréciée des plus jeunes. Prix : dès 179 €.
• En très haut de gamme, le constructeur Qiewa a proposé sa Qmini, une trottinette pour adultes pouvant parcourir plus de 2 km à 60 km/h. Prix : 1 999 €.

LES GYROPODES ET DÉRIVÉS

large_fotolia_179753369_m.jpgLe Segway, apparu voilà une bonne dizaine d’années, a donné des idées à certains en matière de mobilité électrique originale. Ainsi, le système ingénieux et compact du gyroscope se développe sur des modèles monoroues, offrant environ 50 km d’autonomie pour une vitesse proche des 30 km/h. La société KingSong, à la pointe dans ce domaine, commercialise plusieurs modèles, mais les prix restent élevés (1 700 € environ) et la législation est encore floue sur l’utilisation possible d’un tel engin sur la route ou les pistes cyclables. À mi-chemin entre l’hoverboard (planche équipée d’une roue à chaqueextrémité) et ces monoroues, il existe désormais l’Hoverbowl, doté lui aussi de deux roues, désormais situées entre les pieds du « pilote », ce qui autorise une meilleure stabilité. Avec une vitesse limitée à 12 km/h (pour 12 km d’autonomie), cet engin navigue entre le monde des loisirs et un usage strictement urbain. En outre, son prix est plus « démocratique » (500 €).

PRÉSENTS SUR LE SALON
• Ninebot, désormais propriétaire du pionnier Segway, a lancé le MiniPRO, engin roulant à 18 km/h pendant 30 km, pilotable de surcroît depuis son iPhone.
Prix : 679 €.
• Inmotion a présenté un gyropode à deux-roues jumelles, à priori plus stable que sa gamme actuelle de monoroues : les V3, V5 et V8 au design très soigné.
Prix : dès 499 €.
• Wegoboard reste fidèle à ses hoverboards (ou gyroskates) en améliorant sans cesse le concept. Prix : dès 279 €.