Les robots jouent la carte de la séduction

Docteur 3.0
buddy, le robot de compagnie
@blue frog roboticsr - buddy

À la maison ou dans le jardin, ils tondent, ils aspirent sans relâche, sans rechigner. La moindre poussière est détectée. La moindre herbe qui oserait dépasser, tout bonnement ratiboisée. Si les robots aspirateurs et tondeuses représentent actuellement plus de 90 % du marché des robots domestiques (1), chaque année apporte son lot d’innovations et de promesses dans ce domaine. Dernier né : le Grillbot, qui pourrait devenir la véritable star de l’été 2017 ! Arrivant tout droit des États-Unis (2), ce robot a une spécialité : le nettoyage de barbecue. Sa mission : vous épargner cette besogne peu ragoûtante… pour une petite centaine d’euros, seulement. De là à imaginer commencer à confier beaucoup plus que de simples tâches ménagères aux robots, il n’y a qu’un pas.

BUDDY, EN VÉRITABLE MAJORDOME
De conception française, Buddy est un petit robot de compagnie. Son lancement est annoncé pour Noël 2017. Après trois ans de recherche et développement, haut comme trois pommes (56 cm), monté sur roulettes, il est doté d’une tablette tactile en lieu et place du visage. Équipé d’une batterie de composants électroniques (caméras vidéo et thermique, micro, capteurs, etc.), il endosse le rôle de majordome. La surveillance de la maison ? Il s’en occupe ! L’activation des volets roulants lorsque le soleil devient rasant ? Il le détecte avant même que vous vous en aperceviez ! Alerte, agenda, réveil, pense-bête : en fonction des applications téléchargées, Buddy sait se rendre indispensable, au quotidien. Jusqu’ici laissé entre les mains des informaticiens, chercheurs et autres universitaires, Buddy va donc bientôt prendre son envol. Destiné au grand public, il jouera avec les enfants, rappellera aux personnes âgées qu’il est l’heure de prendre leurs médicaments…

DES SERVICES… SUR UN PLATEAU !
Avec Buddy, c’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre : celle des robots de services. Ne manque plus que l’écosystème adéquat : la profession s’organise et les éditeurs de logiciels travaillent collectivement au développement des applications, qui permettent de donner toute leur intelligence aux robots. Responsable de l’innovation chez Softbank Robotics et coauteur d’un (excellent) ouvrage de vulgarisation publié en septembre dernier (3), le roboticien Rodolphe Gelin fait l’analogie avec les smartphones et les magasins d’applications en ligne : le robot sert avant tout de plateforme à partir de laquelle il est possible d’installer un ensemble de fonctionnalités et d’applications, en fonction des usages attendus par l’acquéreur. Chez Softbank Robotics, qui s’est entouré de 70 partenaires éditeurs et développeurs européens, les robots-stars
s’appellent Nao et Pepper.

c-nao-and-pepper.jpgLE MILIEU HOSPITALIER… SOUS LE CHARME
Doté d’un programme qui permet d’enrichir les relations, Nao a déjà été adopté dans près de 400 hôpitaux, centres de soins, maisons de retraite, écoles et centres d’accueil spécialisés (autisme, Alzheimer, handicaps, etc.) en Europe. Spécialisé dans la robotique humanoïde et artificielle, l’éditeur de logiciels Robotopi/Conserto a permis au robot Pepper de s’adapter au contexte hospitalier via le programme « Hospital Companion ». Depuis ses premiers pas – ou plutôt ses premiers tours de roulettes – sur le marché des entreprises, en mai 2016, Pepper a déjà été vendu à plus de 10 000 exemplaires dans le monde. Il a fait l’objet de nombreux projets pilotes. Chez Carrefour, Renault ou Uniqlo, il a surtout été recruté pour attirer le chaland. « Les gens sont séduits. Du coup, ils passent plus de temps devant tel ou tel produit, ce qui augmente la probabilité du passage à l’acte d’achat », analyse un consultant spécialisé en e-commerce pour L’Usine Digitale. Dans les gares aussi, Pepper a fait sensation : orientation des voyageurs, renseignement sur les horaires, allant même jusqu’à se transformer en plateforme de jeux interactifs pour faire patienter petits et grands au guichet… avec le sourire !

collegien_fotolia_138996692_m.jpgAPPRENDRE LA ROBOTIQUE AU COLLÈGE
Lors d’un sondage réalisé par Odoxa, en juin 2017, à l’occasion du forum Changer d’ère, 60 % des personnes interrogées ont déclaré penser que les robots vont se généraliser rapidement dans leur vie quotidienne. Pour eux, les pouvoirs publics doivent d’ores et déjà relever ce nouveau défi en intégrant des enseignements spécifiques en robotique et en intelligence artificielle (IA), dès le collège. Plus d’info : www.odoxa.fr/sondage/ouia-lintelligence-artificielle-aux-robots-acondition-quils-ne-volent-travail/

Dominique Lehalle

1) Source : http://www.capdigital.com/marches/robotique/
(2) Il est commercialisé en France par Oborobo, www.oborobo.fr.
(3) Le robot est-il l’avenir de l’homme ? Rodolphe Gelin, Olivier Guilhem. Doc’ en poche – Place au débat. La Documentation française, 156 pages, 7,90 €.