Thomas Lilti : le médecin, homme de cinéma

Médecine et cinéma : un relation fusionelle !
hippocrate de thomas Lilti
@J.sfez hippocrate

Dans Hippocrate (2014), c’est la vie – et la carrière – des internes que Thomas Lilti dépeint, avec gravité et humour. Il faut souvent se battre pour décrocher son diplôme de docteur en médecine : Benjamin Barois (Vincent Lacoste) en fait l’amère expérience.

mrdecin_de_campagne_-rjair_sfez.jpgEn 2016, c’est sur la médecine libérale qu’il choisit de mettre les projecteurs avec Médecin de campagne, son deuxième long-métrage. Le thème porte sur la dévotion des praticiens et sur le don de soi. Ainsi, le Dr Jean-Pierre Werner doit-il consentir à ralentir son activité pour traiter une tumeur cérébrale. Saura-t-il accepter l’aide de sa jeune consoeur venue le seconder ? Saura-t-il remettre en cause sa pratique et passer d’un exercice de la médecine générale en solo à un exercice en duo ? Un film poignant et tenu, si réel.

L’année suivante, c’est à la Première année de faculté que Thomas Lilti nous invitera à réfléchir avec Vincent Lacoste et William Lebghil : nul doute qu’il sera question de loterie et de tirage au sort…

... Épris de séries TV
Deux séries TV, Urgences et Dr House, ont semble-t-il largement inspiré Thomas Lilti. Dans les années 1990, Urgences est l’une des toutes premières séries sur l’hôpital. Elle fait fantasmer tous les étudiants en médecine. « Aucun de nous n’avait jamais mis les pieds dans un service d’urgences à Chicago, mais on s’y croyait, raconte le médecin-réalisateur dans une interview donnée à Télérama. Sensation d’immersion, plaisir de l’action, mais aussi réalisme du geste thérapeutique comme de la relation du personnel aux malades : cette représentation de l’hôpital nous faisait fantasmer, nous, futurs médecins en quête d’adrénaline ! » Par ailleurs, c’est à travers la série Dr House que Thomas Lilti a trouvé « le » personnage qui casse la « représentation compassée et admirative du thérapeute empathique, moralement irréprochable » et l’image « univoque, du mandarin omniscient et omnipotent ». Brillant, intuitif, champion de la déduction et du diagnostic, ce « misanthrope toxicomane, immature » est aussi « un taré psychique et physique ». Une sorte de « Columbo de l’hosto » qui aime par-dessus tout résoudre des énigmes.

Par Dominique Deveaux

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