Portrait : médecin de campagne, un rêve bien d’aujourd’hui !

Un Jour, un destin
Mayeul Merchier
portrait de Mayeul Merchier

Attaquant son quatrième semestre d’internat à la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, Mayeul Merchier semble marcher sur un nuage : il vient de finir un stage où il a partagé son temps dans un cabinet médical du côté de Vichy et, en milieu rural, dans la montagne bourbonnaise, chez un praticien établi dans la commune du Mayet-de-Montagne. « J’ai découvert deux facettes bien différentes du métier… et je confirme mon désir d’exercer en milieu rural », commente-t-il entre deux cartons de déménagement, tandis qu’il s’apprête à rejoindre le service des urgences du Centre hospitalier de Moulins pour un nouveau stage. « Je suis passionné, je crois à mon travail : la population a tant besoin de soins ! » Sur une promotion composée de 92 étudiants, ils sont plus de la moitié à vouloir devenir médecins de campagne. « Nous sommes de cette génération qui souhaite épouser une carrière autour de valeurs humanistes : nous voulons pouvoir exercer en libéral, mais aussi en équipe au sein d’un CHU, d’une clinique ou d’une maison de retraite », -analyse l’étudiant. Une conception du métier qui ouvre de nouvelles perspectives : « pouvoir moduler nos plages horaires, « ne plus subir un rythme de travail effréné 24h/24 », « exercer de manière groupée », « ne plus se retrouver seul, face à sa conscience, lorsqu’il s’agit de prendre de graves décisions ».

Le réveil de l’esprit confraternel…
C’est là tout l’héritage transmis à l’université et lors des stages effectués en milieu hospitalier. « Se réunir avec des confrères, chercher le meilleur compromis pour répondre aux souffrances d’une personne malade… cela vous porte ! » plaide Mayeul Merchier. Une dynamique qu’il sait pouvoir trouver aussi en milieu rural. « Avec le numérique, nous sommes reliés les uns aux autres : la confraternité n’a jamais été aussi forte ! » Un mot qui retrouve tout son sens avec l’interactivité induite par le digital : le média Internet est utilisé de manière naturelle pour « accéder à l’information », « trouver des procédures à jour », « se retrouver en visioconférence ». « En ville comme en campagne, l’examen doit pouvoir se faire au plus près du patient, de manière collégiale, en présentiel ou à distance, si nécessaire », poursuit le futur généraliste. Pour lui, la médecine du XXIe siècle est une médecine à visage humain, « avec des patients et des soignants dialoguant ensemble, au coeur du système de santé ! »

… sans tout sacrifier pour autant
« Mais cela ne pourra fonctionner que si nous, professionnels de santé, pouvons avoir aussi une vie à part entière, une vie faite de vrais moments de respiration, pour nous-mêmes ! » Soucieux de conserver le lien avec la réalité, et malgré le rythme imposé par ses études, Mayeul Merchier n’a d’ailleurs pas sacrifié sa passion pourl’équitation. Un sport qu’il pratique depuis l’âge de 5 ans, qui le place à un excellent niveau aujourd’hui avec son galop 7. De quoi susciter de nouveaux rêves et de céder à l’envie de s’adonner, « enfin », à la compétition. La discipline qui l’attire le plus ? « Le dressage, car cela demande une précision millimétrée. » « Il y a la beauté des corps, des muscles, l’osmose entre le cheval et le cavalier, cette complémentarité unique. » Le parallèle avec la santé est tout trouvé : « C’est une école de la patience, de l’écoute, de la confiance mutuelle… une école de la vie, comme la médecine finalement ! »

Accord de partenariat avec l'ACMF
Secrétaire général adjoint de l’ISNAR-IMG (Intersyndicale nationale autonome et représentative des internes de médecine générale) jusqu’en février 2017, Mayeul Merchier a oeuvré à la mise en place d’un partenariat avec l’ACMF. « Les étudiants, futurs professionnels de santé, doivent aussi apprendre à prendre soin d’eux ! » Son idée : permettre à chacun de pouvoir bénéficier de soutien, d’assistances et d’avantages dans une vie d’étudiant… « over-bookéeultra-surchargée ». « J’ai une collègue de 31 ans qui doit gérer son travail à l’hôpital, sa thèse, son mémoire, sa vie de maman… Vous n’imaginez pas ce qu’elle endure, d’autant que nous sommes en sous-effectif… partout ! ». Sous-entendu : les semaines de plus 70 heures sont légion en Auvergne ! « Nous avons à coeur de soigner les gens… encore faut-il prendre soin de soi ! ». Plus d’info sur www.isnar-img.com

Portrait signé Dominique Deveaux