Quand le médecin se fait écrivain !

Portrait du Président du Groupement des Ecrivains Médecins (GEM)
dr Roland Noël
Dr Roland Noël, Président du GEM

Qu’il s’agisse de sa carrière médicale ou de son goût pour la littérature, le Dr Roland Noël marche, non sans fierté, sur les pas de son père, le Dr Paul Noël. Président du Groupement des écrivains médecins (GEM), il vit aujourd’hui au gré de ses deux passions.

« Lorsque j’ai eu mon baccalauréat en 1967, mon père m’a demandé de choisir entre des études supérieures de médecine ou le service militaire », raconte le Dr Roland Noël. Point de chantage là-dedans : le jeune homme nourrit déjà un vif intérêt pour la médecine. Il a à peine 10 ans lorsque le souhait de devenir médecin lui apparaît comme une évidence. Il se souvient de ces dîners auxquels son père, médecin et écrivain, conviait son ami, le Dr André Soubiran, lui aussi médecin et écrivain (fondateur de l’ACMF). « C’est en les voyant tous les deux, passionnés, que le désir de pratiquer la médecine s’est fait jour », se rappellet- il. Lorsqu’il se lance dans cette voie, les places en médecine sont rares. Alors il assure ses arrières et s’inscrit en parallèle à la préparation militaire supérieure, une manière d’intégrer l’armée directement en tant que sous officier en cas d’échec en médecine.

Sa carrière en médecine générale
Il effectue son cursus en médecine sans accroc. Mais l’heure est au service militaire. « C’était trop tôt pour moi, d’autant plus que je voulais faire médecine générale et que je venais d’obtenir un poste d’interne à l’hôpital de Versailles. » La solution : faire son service militaire en coopération, ce qui lui permet d’obtenir un sursis pour finalement par tir de 1976 à 1978 en Algérie dans une sous préfecture où il est médecin-chef de 175 lits. C’est l’occasion d’apprendre l’arabe et de se perfectionner dans les maladies infectieuses. À son retour, il assure des remplacements pendant trois ans et devient membre de facto de l’ACMF. « Souvent sur les routes, j’ai toujours été dépanné par l’ACMF lorsque j’en ai eu besoin », témoignet- il, précisant avoir écrit en 1984 dans la revue de l’Automobile Médicale. C’est en 1981 qu’il s’installe en libéral, dans les locaux du cabinet médical de son père à Chaville (Hauts-de-Seine). Il décide aussi de se former à la pédiatrie et, le temps de se faire une patientèle, d’exercer comme médecin vacataire dans des crèches et centres de protection maternelle et infantile.

Sa passion pour l’écriture
La médecine n’est pas la seule passion de Roland Noël. L’homme a toujours baigné dans une ambiance médicolittéraire. Comme son père et son ami le Dr Soubiran, il adhère, en 1981, au GEM. Fondé en 1949, ce groupement vise à créer des liens d’amitié et de solidarité entre ses membres, et aide, par son activité, à la diffusion de leurs ouvrages. À l’époque, les bonnes relations du Dr Roland Noël avec les laboratoires pharmaceutiques lui permettent d’obtenir des fonds pour la création d’un Bulletin des écrivains médecins et des Matinées littéraires. Il en devient le secrétaire général en 2000 avant d’être élu président en 2009. C’est alors l’occasion de développer le GEM par la mise en place de trois Salons du livre dédicacé et la décentralisation des Matinées littéraires.Cette passion pour les livres le conduit à l’écriture. « En 1994, sollicité par le Commandement militaire d’Île-de-France, je suis parti au Rwanda avec l’armée française en tant que médecin réserviste volontaire afin d’assurer les urgences ! C’était l’horreur. » À son retour, après deux mois d’opération militaire, le Dr Noël est sonné et abasourdi. Il assure alors des conférences pour expliquer son engagement. Encouragé, il se met à l’écriture en 2004 pour raconter les raisons de son départ, l’histoire du Rwanda, le génocide, un récit illustré par ses photos et préfacé par le Dr Jean-Christophe Rufin. « La démarche a été difficile mais c’était important pour moi de le faire, c’était libérateur. »

Depuis deux ans, il est en cumul « retraiteactivité ». « Je travaille désormais trois jours par semaine, parce que Chaville a besoin de médecins, explique-t-il. Je ne suis pas dans un désert médical mais nous sommes 7 médecins généralistes pour 19 000 habitants alors qu’en 1990 nous étions 21 pour 18 000 personnes. » Depuis 1983, il est également membre suppléant du Conseil départemental de l’ordre des médecins des Hauts-de-Seine, une façon pour lui de défendre la médecine générale…

Laure Martin