En situations extrêmes... sinon rien !

«Si jamais j’étais amenée à vous croiser dans un cadre professionnel, cela ne signifierait rien de bon pour vous !»
Élodie Massez, infirmière réserviste

Biographie express
Née à Paris, dans le 14e arrondissement.
Déménage une dizaine de fois, dans le Nord, le Limousin, à Montluçon
école des infirmières à Orsay (91)
Premier poste à Pithiviers (45)
Hôpital de Montluçon pendant 5 ans
Centre hospitalier régional Annecy-Genevois depuis 2008

«Si jamais j’étais amenée à vous croiser dans un cadre professionnel, cela ne signifierait rien de bon pour vous !»
Sourire aux éclats, dissimulant une grande timidité, regard presque innocent, Élodie Massez partage son temps entre le SMUR et le service de réanimation déchocage du Centre Hospitalier Régional d’Annecy-Genevois, un centre classé Trauma center niveau 1. «On y accueille les traumatismes les plus graves..
Capacité ? 1 000 lits, autour des grandes spécialités de soins (urgence, cardiologie, neurologie, pédiatrie et gériatrie). Une dimension, un théâtre d’opérations exceptionnel, à la hauteur des attentes d’Élodie qui enchaîne les prises de poste sur 12 heures, alternant les  jours et les nuits. «Oui, reconnaît-elle volontiers, le rythme est fatiguant. On travaille en décalé, y compris les week-ends. Le planning impose un rythme soutenu et exigeant : heureusement, je n’ai pas encore de famille, donc, pas de problème de garde d’enfant à gérer…  contrairement à nombre de mes collègues !» Du coup, Élodie Massez essaye le plus souvent de se rendre disponible pour les remplacements au pied levé. La contrepartie ? « Mes collègues me facilitent la vie lorsque je suis appelée en mission».

RÉSERVISTE POUR L'ARMÉE
Car, pour Élodie, il n’y a pas de place pour la routine. Encore moins pour le train-train quotidien. Du coup, elle est aussi infirmière réserviste dans le cadre du service de santé des armées français. Sa mission ? Elle intervient sur les antennes médicales des régiments envoyés en outre-mer, notamment. « La Guyane, c’est simple : tu aimes ou tu détestes, il n’y a pas de demi-mesure ! » Au coeur de la forêt tropicale, Élodie a vu et dû gérer des situations très délicates : entaille de la main à la machette, évacuation par hélicoptère  pour jambe fracturée suite à un accident de quad à 2 heures du matin… Mais, rien ne l’arrête, Élodie fait face. Et, quand on lui propose de rejoindre l’Afghanistan, elle ne sourcille pas.

Après un stage de mise en conditions, direction l’hôpital militaire de Kaboul. Sur place, elle est confrontée à des scènes de guerre qui causent malheureusement des dommages collatéraux : «Le plus difficile c’est d’accepter l’idée que des enfants puissent être touchés de plein fouet par des roquettes» Puis, elle s’habitue à ce quotidien étrange : «Ici, c’est la guerre : les cultures, les réalités, la place accordée à la vie, aux enfants… rien n’est pareil.» Alors, Élodie s’accroche à sa mission : Se faire accepter des populations locales, gagner la confiance des gens et former les médecins locaux.

Sa dernière mission : le Tchad où elle est restée 3 mois et demi, "du 26 septembre 2015 au 7 janvier 2016". Une précision importante pour Élodie, encore marquée par cette dernière expérience, «Ces enfants, au milieu des conflits, toujours et encore». Pas le temps pourtant de s’apitoyer. Bien au contraire. Élodie repartira, c’est sûr. «Ces missions sont très enrichissantes, on apprend et on enseigne beaucoup, c’est très formateur pour ma pratique professionnelle.»
Son prochain défi ? Une nouvelle orientation professionnelle, peut-être. Élodie y songe, rêvant de devenir infirmière-anesthésiste, dès 2017. En attendant ce nouvel horizon, c’est dans les Alpes qu’Élodie aime aller se perdre pour mieux s’évader et décompresser. «Ski alpin, randonnées, vélo, course à pied, voile : quand je sors du boulot, je suis en vacances»

Portrait signé Dominique Deveaux