Dans la vague d’un « tonton surfeur » à Biarritz

DÉCOUVERTE / UNE VILLE, UNE RÉGION
Le surf, une véritable économie en pays basque !

Viscéralement attaché à sa terre natale, « ce pays grandiose fait d’océan et de montagne », le docteur Gérard Martin Pennes est revenu s’y installer il y a huit ans, « pour y couler une douce retraite… bien méritée ».

Suite au décès de son père à l’âge de 7 ans, Gérard Martin Pennes doit quitter Biarritz et part suivre sa scolarité à Saint-Germain-en-Laye, où il côtoie notamment Zacharie Noah. Son premier souvenir d’école ? « Une prune en pleine poire à cause de mon accent basque ! » Il découvre alors une tout autre réalité de la France qui accueille des réfugiés par centaine de milliers, venus d’Égypte, du Cambodge, d’Espagne, d’Algérie… et la « nécessité d’apprendre le vivre ensemble » et de « défendre les valeurs humanistes ». Par le sport notamment. Rugby, foot. « L’important, c’est que les gens se rencontrent, se connaissent, se regardent, se parlent. »

Ses vacances ? Il les passe à Biarritz chez son grand-père, marin pêcheur de profession. Se prenant de passion pour l’océan, Gérard Martin Pennes devient maître-nageur sauveteur vers 17 ans. Mais c’est le surf, cette discipline tout droit arrivée de Californie, qui va finir de « l’harnacher à son pays » : dans les années 1960, il se distingue parmi les « tontons surfeurs ». Aussi, parallèlement à sa belle carrière de médecin libéral à Neuilly-Plaisance (1974-2010), il participe au développement des écoles de sauvetage en mer « pour que les jeunes Basques apprennent à s’émanciper grâce à l’océan ». Pour le croiser aujourd’hui ? Il suffit de trouver la « bonne vague » !

Coucher de sfotolia_37798965_xs.jpgoleil depuis « les 100 marches »
C’est l’un des endroits merveilleux où il fait bon prendre l’apéritif en fin de journée en profitant d’un remarquable coucher de soleil baignant l’océan. Ce type de spots, il en existe des dizaines tout au long de la côte basque. « Les plus remarquables se situent au-dessus d’Anglet », souligne en fin connaisseur Gérard Martin Pennes.

Les « BDM » aux Halles de Biarritz
« Tous les week-ends, on s’y retrouve pour déjeuner après le marché entre amis ou en famille. » Autour du célèbre bar Jean, il y a ici toute « l’enfilade des bars de marché appelés communément BDM ». Les plus connus : « Chisteras, Coquillages et Crustacés», « Bar du Marché », « Bar Jean », « L’Amiral ». 

Par ici les bonnes adresses ! 
Le Los Dos Hermanos, auberge à la décoration typiquement espagnole. La Tantina de Burgos, dans le plus pur esprit des bars-tapas madrilènes. La Tantina de la Playa, vue comme l’un des meilleurs restaurants de Bidar. Pour les restaurants avec « vue sur mer » : l’Eden rock et le Surfing à Biarritz, le Kostaldea, le Concha et la Luciola à Anglet. Sans oublier les « très bons restaurants de l’incontournable place Louis XIV », à Saint-Jean-de-Luz. 

fotolia_1034571_m.jpgCe pays où l’on aime la fête
« Ici, chaque ville, chaque village a sa propre fête. » Question traditions, vous ne pouvez pas passer à côté des fêtes de Pampelune (6 au 13 juillet) et de Bayonne (25 au 29 juillet). Ou encore la Nuit de la sardine à Saint- Jean-de-Luz (14 juillet), mais aussi l’Anglet Beach Rugby Festival (20 au 22 juillet), les fêtes pimentées d’Espelette (3 au 7 août), la fête basque d’Hendaye (10 au 12 août), la fête de l’espadrille à Mauléon (15 août), les jeux de forces basques à Saint-Palais (19 août)… et enfin, sans pouvoir être exhaustif, l’Aste Nagusia/Semana Grande de San Sebastian (18 au 26 août).

Une région des plus sportives 
Gérard Martin Pennes est revenu s’installer dans le Pays basque « pour y couler une belle retraite ». « Je suis à nouveau Biarrot, installé à 50 m de mon école primaire, car je voulais renouer avec mes racines. » Ce qu’il apprécie le plus dans son « beau pays » ? L’omniprésence du sport. « Pelote basque, rugby, surf, parapente… Nous avons aussi parmi les plus beaux terrains de golf de France. Sans oublier les sports de montagne avec les Pyrénées qui s’offrent à vous toute l’année ! »

Des « tontons surfeurs » au paradis du surf
« Ici, le littoral offre un spectacle grandiose avec ses vagues, ses plages de sable fin et ses petites criques abritées plus au sud : la côte basque, c’est le paradis des surfeurs ! » Un succès à attribuer aux « tontons surfeurs », dont Gérard Martin Pennes aime se revendiquer : « 1957 marque la naissance du surf à Biarritz tandis que la jeunesse s’ennuyait dans un pays alors uniquement tourné vers la thalassothérapie et les casinos. » Avec son ami Georges Hennebutte – à qui revient l’invention –, ils créent le leash (mot anglais signifiant « laisse »), cet accessoire qui permet d’attacher la planche au pied du surfeur. En 1963, des lignes aériennes sont ouvertes pour relier Biarritz à San Francisco et Los Angeles, deux villes américaines berceaux du surf. Au fil des ans, c’est toute une économie qui va se créer : de Biarritz à Anglet, Bidart, Saint-Jean-de- Luz et Hendaye, on dénombre aujourd’hui 37 écoles de surf… sur les 30 km de littoral !
Plus d’infos : wwww.surf-biarritz-paysbasque.com

fotolia_44265969_m.jpg« Merci aux Anglais ! »
Si Biarritz est connue dans le monde entier, c’est aussi pour la thalassothérapie, activité lancée par les Anglais au XIXe siècle tant ils sont séduits par les bienfaits de l’océan et du climat local. Les familles aristocratiques viennent s’y installer. Plus tard, c’est l’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, qui fait de Biarritz son lieu de villégiature d’été. Son mari lui fait construire la Villa Eugénie en bord de mer en 1854, l’actuel Hôtel du Palais, un des plus somptueux palais d’Europe. Bains de mer, climat, spectacles et bals amènent le gotha international à rejoindre le couple impérial. Depuis, la thalassothérapie n’a eu de cesse de se développer, à l’image du centre Thalmar, dominant la plage Marbella, et du Sofitel Le Miramar à Biarritz, de l’hôtel Atlanthal à Anglet, ou de l’Ibaïa Serge Blanco à Hendaye.
Plus d’infos : www.thalasseo.com

PORTRAIT EXPRESS

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• 1943 : naissance dans la caserne des sapeurs-pompiers de Biarritz
• 1957 : se prend de passion pour le surf et fait partie des « tontons surfeurs » à Biarritz
• 1963 : études de médecine à Paris
• 1973 : diplômé de médecine
• 1974 : installation à Neuilly- Plaisance en qualité de médecin généraliste.
• 2010 : retraite à Biarritz Adhérent ACMF, depuis 1974 : « Que ce soit ici ou en région parisienne, j’ai toujours été dépanné dans la demi-heure lorsque j’ai eu un souci en voiture. Même au Col des veaux, sur la montagne des ours, il y a six ans, tandis que l’embrayage me lâchait !

 

Reportage signé Dominique Deveaux

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