Mondial 2018 : l'incroyable histoire du trophée Jules Rimet

SPORT / FOOTBALL
Remise du trophée Jules Rimet au capitaine de la sélection anglaise, Moore par la reine Elisabeth II (1996)

Conçu par le père de la compétition, le premier trophée de la Coupe du monde a connu une existence mouvementée… jusqu’à disparaître mystérieusement dans des conditions rocambolesques.

Il n’y a pas que les footballeurs pour convoiter la Coupe du monde. Au cours de son histoire, le trophée Jules Rimet est aussi tombé dans les mains de personnes mal intentionnées. En 1930, Rimet, président de la FIFA et instigateur de la compétition, dessine ce qui s’appelle encore la Victoire Ailée. En argent plaqué or, d’une hauteur de 35 cm, l’oeuvre réalisée par le sculpteur français Abel Lafleur représente la déesse grecque de la victoire, Nikè, tenant un calice octogonal sur la tête. La petite merveille traverse l’océan à bord du SS Conte Verde, en compagnie de Rimet et des équipes européennes venues disputer la compétition. C’est finalement l’Uruguay qui aura le bonheur de la brandir pour la toute première fois. 

UN TROPHÉE TANT CONVOITÉ
Quatre ans plus tard, l’Italie la garde… plus longtemps que prévu. Après deux victoires transalpines consécutives (1934, 1938), la guerre éclate et, en l’absence de compétition, la statuette en métal précieux reste à Rome. Prudent, le président de lafédération italienne, Ottorino Barassi, a la bonne idée de la retirer de la banque où elle sommeille. Il la cache dans un placard pour éviter que les nazis, friands d’or et d’objets d’art, ne s’en emparent. Il n’en sera rien et la Coupe revient en Uruguay (1950) puis repart en Allemagne (1954) sans connaître d’histoires jusqu’en 1966, où elle arrive en Angleterre.

L’INCROYABLE VOL DE LONDRES
Et là, coup de théâtre ! Le trophée est dérobé pendant une exposition. Une demande de rançon est adressée au président de la FIFA mais le voleur ne sera jamais arrêté, contrairement à son intermédiaire,condamné à deux ans de prison. Par un incroyable hasard, la Coupe est retrouvée dans un jardin londonien par un chien nommé Pickles qui faisait sa promenade quotidienne. L’objet était caché dans un buisson, enrobé dans du papier journal. « Je l’ai ramassé. Il était assez lourd, bien que pas très grand. L’IRA étant très active à l’époque, j’ai d’abord cru à une bombe. J’ai reposé le paquet par terre, puis je l’ai repris et encore reposé. Finalement, la curiosité l’a emporté. J’ai un peu déballé le bas, c’était un simple disque. J’ai continué et j’ai vu “Brésil, Allemagne, Uruguay”. Je suis rentré chez moi en courant et j’ai dit à ma femme : “Je crois que j’ai retrouvé la Coupe du monde !” », racontera son maître, un certain Corbett, qui sera un tempssoupçonné d’être le voleur. Le chien Pickles devient un héros national : il joue dans un film et gagne un an de nourriture canine. Quant à l’Angleterre, elle gagne la Coupe du monde.

DISPARUE À JAMAIS
Quatre ans plus tard, le Brésil est sacré champion pour la troisième fois et obtient le droit de garder le trophée, conformément aux voeux de son créateur. La Coupe est rapportée triomphalement au pays de la samba, mais l’histoire se répète et elle se fait voler une nouvelle fois, en 1983. Comme en Angleterre, lors d’une exposition. La vitrine où elle est présentée mais l’arrière en bois a été arraché au pied-de-biche par les voleurs. On dirait un film comique, sauf que la fin n’est pas vraiment drôle. On ne retrouvera jamais le trophée Jules Rimet. A-t-il été fondu ? Mystère.

LE GRAAL RÊVÉ
En 1974, le nouveau trophée appelé « FIFA World Cup », fait son apparition : en or massif à 75 %, ornée de malachite à sa base, il est signé par l’Italien Silvio Gazzaniga, dont le projet est choisi parmi 53 candidatures : « Les lignes suggèrent la forme d'une spirale au sommet pour accueillir le monde. Depuis le socle remarquablement compact, deux athlètes s'élèvent vers la victoire », expliquera l'artiste qui dessinera aussi par la suite le trophée de la Ligue Europa et celui de la Supercoupe de l’UEFA. Pour éviter de nouveaux ennuis, la FIFA change le règlement et interdit aux vainqueurs de conserver le trophée, même après l’avoir gagné trois fois. Les champions se voient remettre une réplique plaquée or. Fort heureusement, dans l’enthousiasme de la célébration en 2014, les Allemands victorieux endommagent la copie qui leur a été remise.

LE CALENDRIER DES BLEUS

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  • Samedi 16 juin à 12h : France – Australie, en direct de Kazan.
  • Jeudi 21 juin à 17h : France – Pérou, en direct de Iekaterinbourg.
  • Mardi 26 juin à 16h : France – Danemark, en direct de Moscou.

Et si tout va bien :

  • Huitième de finale : le 2 ou 3 juillet, à 16h ou à 20h.
  • Quart de finale : le 6 ou 7 juillet, à 16h ou à 20h.
  • Demi-finale : le 10 ou 11 juillet,à 20h.
  • Finale : le 15 juillet à 17h